👀 Le test de 2 secondes, avant même ça
Affichez l'adresse complète de l'expéditeur. Pas le nom affiché. Regardez la fin.
| Verdict | Adresse | Qui écrit vraiment |
|---|---|---|
| ✅ | factures@swisscom.ch | Swisscom |
| ❌ | factures@swisscom.ch.paiement-online.net | paiement-online.net |
| ❌ | swisscom.billing@gmail.com | une boîte gratuite, ouverte en 3 minutes |
9 cas sur 10 tombent ici.
Le dixième : une adresse d'expéditeur s'écrit, donc elle se copie à l'identique. C'est plus rare, c'est le haut du panier, et ça vise les entreprises, surtout quand il y a un virement au bout. D'où la règle du dessus.
📞 Toujours un doute ?
Le doute est plutôt bon signe : le réflexe fonctionne. Voilà quoi en faire, dans l'ordre.
- Appelez l'expéditeur supposé. Pas au numéro de la signature : au numéro de votre dernière facture papier, de votre espace client, ou du dos de votre carte. Une vraie entreprise ne vous en voudra jamais de vérifier ; ses équipes passent leurs journées là-dessus. Trente secondes de conversation règlent la question définitivement.
- Appelez votre banque si un paiement est déjà parti. Tout de suite, même le soir, même le week-end : les banques suisses ont une ligne d'urgence. Un virement signalé dans l'heure peut parfois encore être arrêté. Quelques jours plus tard, presque jamais.
- Signalez le faux sur antiphishing.ch. C'est le portail de l'Office fédéral de la cybersécurité (OFCS). Vous collez le lien, c'est terminé. La Confédération fait bloquer la fausse page, et les suivants ne tombent pas dedans. Ça ne vous rapporte rien, à vous. C'est précisément pour ça que si peu de gens le font.
- Supprimez, mais après. Si de l'argent est parti, gardez le mail : il contient les éléments techniques dont la police a besoin pour enregistrer une plainte.
Pourquoi j'écris ça
Plusieurs fois par an, un client m'appelle un peu paniqué. Ou me transfère un mail avec trois mots : « tu peux t'en occuper ? »
C'est une facture de renouvellement. Nom de domaine, hébergement, référencement. Il faut payer vite, sinon le site s'éteint.
La plupart du temps, c'est un faux.
Ces mails-là sont bien faits. Ils affichent le vrai nom de domaine et la vraie date d'échéance : ces informations sont publiques, n'importe qui peut les lire dans les registres. Le montant est crédible, quelques centaines de francs. Tout est exact, sauf le compte sur lequel part l'argent.
Et ils visent précisément les gens les plus sérieux : des indépendants et des patrons de PME qui paient leurs factures à temps, qui ne veulent surtout pas que leur site tombe, et qui font exactement ce qu'on leur demande de faire.
Voir quelqu'un d'honnête payer un escroc parce qu'il a bien fait son travail de payeur, ça m'agace profondément. D'où cette page.
Pour aller plus loin
Pourquoi vous n'arrivez plus à les reconnaître
Vous cherchez la faute d'orthographe, le logo pixelisé, le français approximatif. C'était la bonne méthode il y a dix ans.
Aujourd'hui les faux sont propres : bon logo, bon français, bonne signature, bonne mise en page. Certains sont des copies exactes d'un vrai mail, interceptées puis renvoyées avec un seul détail changé, l'IBAN. Le tri visuel ne fonctionne plus. C'est pour ça que le seul réflexe qui tient est comportemental : on ne clique pas, on rappelle.
Comment afficher l'adresse de l'expéditeur
Par défaut, votre boîte mail vous montre le nom affiché, celui que le fraudeur choisit librement. Il peut écrire « Swisscom », « Comptabilité » ou le nom de votre associé. L'adresse réelle est cachée derrière.
- Outlook (bureau) : le nom de l'expéditeur en haut du message, l'adresse apparaît au survol ou en cliquant dessus.
- Gmail (web) : cliquez sur la petite flèche à droite du nom, ligne « De ».
- iPhone / iPad : touchez le nom de l'expéditeur, l'adresse complète s'affiche.
- Mail sur Mac : le nom en haut du message, puis « Afficher l'adresse ».
Ce qui compte est ce qui suit le @, et surtout les deux derniers morceaux avant le premier / ou la fin. swisscom.ch.paiement-online.net n'est pas Swisscom : c'est paiement-online.net.
Quand l'adresse de l'expéditeur est falsifiée
L'adresse d'expéditeur d'un mail est un champ de texte. Rien n'empêche techniquement quelqu'un d'y écrire exactement factures@swisscom.ch. C'est ce qu'on appelle l'usurpation d'expéditeur, ou spoofing.
Les protections existent, SPF, DKIM, DMARC, et elles filtrent une grande partie de ces envois avant même votre boîte de réception. Une partie seulement. Ce qui signifie qu'une adresse d'expéditeur correcte est un bon signe, jamais une preuve.
Conclusion pratique : l'adresse sert à écarter vite. Elle ne sert pas à valider. Dès qu'un paiement, un mot de passe ou un accès est en jeu, on repasse par la règle.
Le piège du numéro trouvé sur Google
Un réflexe qui paraît prudent et qui ne l'est pas : chercher « service client [marque] téléphone » sur Google et appeler le premier numéro.
Des faux numéros de support sont référencés exprès pour capter ces appels. La personne au bout du fil est aimable, compétente, et vous demande un accès à distance à votre ordinateur.
Les sources sûres, dans l'ordre : votre dernière facture papier, votre espace client, le dos de votre carte bancaire, le site officiel dont vous tapez l'adresse vous-même dans la barre du navigateur.
Les quatre arnaques qui visent les entreprises
La fausse facture de renouvellement de domaine
Un mail annonce que votre nom de domaine ou votre hébergement expire dans quelques jours, avec un lien de paiement. Le domaine et la date sont exacts, ils sont publics. Le vrai renouvellement, lui, passe par le prestataire qui gère déjà votre site, et vous savez qui c'est. Une variante plus fine facture un « référencement Google » qui n'existe pas : Google ne vend aucune position dans ses résultats.
La fausse facture fournisseur
Une facture qui ressemble à celles que vous recevez tous les mois, d'un fournisseur réel, avec un IBAN différent. Elle passe souvent en comptabilité sans faire de bruit.
Le changement de coordonnées bancaires
Un mail annonce que votre fournisseur a changé de banque, merci de mettre à jour l'IBAN. Règle absolue : tout changement d'IBAN se confirme par téléphone, au numéro que vous aviez déjà, avant le prochain virement.
La fraude au président
Un mail du patron, ou de quelqu'un qui se présente comme mandaté par lui, demandant un virement urgent et confidentiel. L'urgence et le secret sont les deux ingrédients : ils servent précisément à empêcher la vérification.
Que faire si vous avez cliqué
- Vous avez seulement cliqué sur le lien, sans rien saisir : fermez la page. Le risque est faible.
- Vous avez saisi un mot de passe : changez-le immédiatement sur le vrai site, et partout où vous utilisiez le même. Activez la double authentification.
- Vous avez donné des données bancaires ou fait un virement : appelez votre banque tout de suite. Un virement peut parfois encore être bloqué s'il est signalé dans l'heure.
- Vous avez ouvert une pièce jointe : déconnectez la machine du réseau et faites-la vérifier.
Dans tous les cas, gardez le mail, ne le supprimez pas avant d'avoir fait constater. Il contient les éléments techniques utiles à une plainte.
En résumé
| Question | Réponse |
|---|---|
| Comment savoir si un mail est une arnaque ? | Affichez l'adresse complète de l'expéditeur et regardez ce qui suit le @. |
| Est-ce que ça suffit ? | Dans 9 cas sur 10. L'adresse peut être copiée à l'identique. |
| Le réflexe qui ne tombe jamais ? | Ne jamais cliquer sur un lien reçu par mail. Fermer, puis rappeler par un canal que vous avez choisi. |
| Où trouver le bon numéro ? | Votre dernière facture, votre espace client, le dos de votre carte. Pas la signature du mail. |