Ce que chaque budget achète réellement, de l'indépendant·e à la PME.
Un site coûte entre 500 et plus de 15'000 francs, et les deux extrêmes peuvent être le bon choix. Tout dépend de qui tu es, et de ce que tu attends de lui. Cet article t'aide à comprendre ce que chaque budget t'apporte vraiment, et à te situer : combien investir, et pour quoi.
30 octobre 2026 · 11 min
Combien coûte un site internet ?
Fais glisser le curseur : tu vois ce que chaque budget achète, et pour qui c'est le bon choix.
≈ 500 CHF
Qui le fait
Un ami, un stagiaire, toi-même un dimanche.
Ce que ça achète
Un simple lien, perdu parmi des millions d'autres. On te trouve si on cherche déjà ton nom.
Indépendant·eRationnel si tu testes une idée, sans clients à convaincre. À ce stade, dépenser plus serait une erreur.
PMENon. Le site existe, mais il ne fait rien pour l'entreprise : ça coûte plus en crédibilité et en temps que ce qu'il économise.
≈ 1'500 CHF
Qui le fait
Un·e freelance en début de parcours.
Ce que ça achète
Une page unique bien faite, ou plusieurs pages moyennes. Pas les deux.
Indépendant·eViable avec une offre unique et un seul public.
PMEInsuffisant : plusieurs offres, plusieurs publics, ça ne rentre pas.
2'000 – 3'000 CHF
Qui le fait
Semi-pro ou pro, sur gabarit acheté.
Ce que ça achète
Un site complet sur un gabarit, cinq ou six pages : la façade, pas la réflexion derrière.
Indépendant·eCorrect si ton positionnement est déjà clair. La plupart s'arrêtent ici.
PMEEn dessous du besoin. La structure du gabarit devient ta contrainte.
4'000 – 6'000 CHF
Qui le fait
Quelqu'un qui pose des questions avant de dessiner.
Ce que ça achète
Cinq à six pages pensées pour ta situation : accueil, une ou deux offres, à propos, contact.
Indépendant·eLa zone juste. Un·e indépendant·e bien positionné·e y est bien équipé·e.
PMEMinimum viable, et seulement sur un périmètre très serré. Souvent trop court.
10'000 – 15'000 CHF
Qui le fait
Studio ou agence, projet cadré.
Ce que ça achète
Contenu (textes, photo), structure SEO, souvent multilingue, reprise de l'existant sans perte de référencement.
Indépendant·eSurdimensionné, sauf cas particulier : formation, boutique, plusieurs marques.
PMELa zone juste.
15'000 CHF et +
Qui le fait
Une équipe, sur mesure : dev, intégration, chef de projet.
Ce que ça achète
Boutique, configurateur, espace client, connexion à ton logiciel de gestion. Le budget suit la fonctionnalité, et 15'000 CHF n'est qu'un point de départ.
Indépendant·eRarement justifié.
PMEJustifié dès qu'il y a une vraie fonctionnalité : recrutement, espace client, catalogue.
TL;DR
Un site internet en Suisse romande coûte entre 500 et plus de 15'000 francs. Le juste budget d'un·e indépendant·e avec une offre claire se situe entre 4'000 et 6'000 CHF ; celui d'une PME, entre 10'000 et 15'000 CHF.
En dessous de ces zones, il manque quelque chose, et ce quelque chose est rarement visible sur le devis : la réflexion en amont, le contenu, la reprise de l'existant.
Devant un devis, la bonne question n'est pas « combien », ni même « combien d'heures » : c'est ce que ces heures contiennent. La réflexion et l'attention mises dans ton site valent plus que l'exécution d'un prestataire qui n'a rien remis en question. Et pense à ce qui vient après la mise en ligne.
La réponse en bref
Pour un·e indépendant·e (1–5 pers.)
En Suisse romande, un site professionnel pour un·e indépendant·e coûte entre 4'000 et 6'000 CHF, la zone où quelqu'un réfléchit à ta situation avant de produire tes pages. En dessous de 2'000 CHF, tu paies du montage sans réflexion en amont ; au-dessus de 10'000 CHF, tu paies des besoins que tu n'as probablement pas. Et si tu testes une idée sans clients : 500 CHF suffisent, et c'est rationnel.
Pour une PME (5 et +)
En Suisse romande, le site d'une PME coûte entre 10'000 et 15'000 CHF : contenu travaillé, structure pensée pour le référencement, souvent multilingue, reprise de l'existant sans perte de positions. En dessous de 4'000 CHF, plusieurs offres et plusieurs publics ne rentrent pas. Au-delà de 15'000 CHF, le budget suit la fonctionnalité, boutique, espace client, recrutement, pas le design.
Pourquoi le prix seul ne veut rien dire
À retenir : même montant, deux réalités. Un prix ne dit rien tant qu'on n'a pas dit pour qui, et pour quoi faire.
Un site à 5'000 CHF est un bon site pour un·e indépendant·e, et un site insuffisant pour une PME de 35 personnes. Même montant, deux réalités. C'est le point que la plupart des grilles de prix ignorent : elles répondent à « combien » sans jamais demander « pour qui », ni « pour quoi faire ».
C'est pour ça que l'article ne donne pas un prix, mais des paliers : à chacun, ce que tu obtiens vraiment, et pour qui c'est le bon choix.
Ce qui fait varier le prix d'un site internet
Faire un site est devenu facile : des outils tout prêts, des gabarits par milliers, et maintenant l'IA. C'est même amusant, un peu créatif, un peu technique. Faire un site qui travaille pour toi, qui amène des clients et qui leur donne envie de t'appeler, c'est autre chose. Et c'est là que le prix se joue.
Un devis, c'est d'abord des heures de travail. Le tarif horaire varie beaucoup en Suisse : autour de 60 à 100 francs pour un·e indépendant·e qui débute, jusqu'à 200 francs et plus en agence. Mais ce qui fait vraiment varier le prix, c'est le nombre d'heures, et surtout ce qu'on met dedans : la plus-value, l'investissement, le bon sens. Cinq postes, du plus visible au moins visible :
Le montage. Installer l'outil, assembler les pages, mettre en forme. C'est la pointe de l'iceberg : la partie visible du travail, la plus accessible avec des outils comme Wix ou WordPress, et la moins chère.
La réflexion en amont. La structure du site, la hiérarchie de tes offres, le chemin que suit le visiteur, les mots que tes clients tapent dans Google. C'est ce que peu de prestataires proposent. La plupart appliquent la même méthode à tous les clients : ça va plus vite et ça rapporte plus, mais on y perd ce qui rend ton entreprise unique. On ne parle pas à un patient comme à un client de garage : chaque métier a ses mots, ses codes, sa façon d'être avec les gens. Un médecin qui te demande une clé à molette, tu t'inquiètes. Un site qui parle à tes clients avec les mots d'un autre métier, c'est pareil, et c'est la toute première vitrine qu'ils voient de toi. Cette réflexion est invisible sur une maquette, mais elle est décisive six mois plus tard.
Le contenu. Les textes et les photos. C'est le poste le plus sous-estimé, et le plus difficile pour toi : savoir quoi dire, et quoi montrer. Un bon prestataire t'aide à choisir les informations qui comptent et les photos qui font vrai, parce que c'est ça qui change toute la dynamique d'un site. Un site monté vite avec tes textes bruts, peu réfléchis, reste un site muet, qui n'aura probablement pas beaucoup d'effet.
La reprise de l'existant. Si tu as déjà un site, le remplacer sans perdre ce que Google avait retenu de toi, tes positions, les adresses de tes anciennes pages, est un travail précis. Pas une case à cocher. Le bâcler pour économiser quelques centaines de francs, c'est risquer de perdre tout ce que ton ancien site avait récolté jusque-là. Le jeu en vaut rarement la chandelle.
Les fonctionnalités. Boutique, réservation en ligne, espace client, connexion à un logiciel que tu utilises déjà. À partir de là, le budget suit la fonctionnalité. Le design, lui, c'est ce qui rend l'utile agréable, et ce qui transmet une émotion, un esprit, une ambiance, sans un mot. Mais c'est rarement lui qui crée le budget. Paradoxalement, ce qui va définir ton budget, c'est ce qui ne se voit pas.
Un repère pour lire un devis :
À 2'500 CHF, on paie une vingtaine d'heures, et elles ne sont souvent même pas toutes honorées. Fais le compte. Le premier rendez-vous, une heure : il en reste dix-neuf. Préparer le projet, récolter tes informations, faire le tri, les échanges au fil des semaines : encore quelques heures, et le site n'a pas commencé à être construit.
Maintenant, admettons que tout soit déjà réfléchi, que tu saches exactement quoi dire, que les textes et les images de chaque page soient prêts, et que le style du site soit posé. Construire proprement une page prend en moyenne quatre heures. Quatre pages, accueil, prestations, à propos, contact : seize heures. Tu vois ce qu'il reste pour réfléchir à ce que ton site doit dire, et à qui.
Les fourchettes du marché romand, palier par palier
Pour chaque palier : qui fait le site, ce que tu obtiens vraiment, quand c'est utile, et ce que ça vaut selon ton profil.
≈ 500 CHF : un simple lien
À ce prix, le site est fait par un ami, un stagiaire, ou par toi-même un dimanche, avec un outil gratuit. Le résultat, c'est une adresse : un lien de plus parmi des millions d'autres, perdu dans les méandres du web. On le trouve si on cherche déjà ton nom, pas autrement. Rien ne le relie à ce que tes clients tapent dans Google, et rien ne dit pourquoi toi plutôt qu'un autre.
Utile quandtu testes une idée, ou tu as juste besoin qu'on trouve ton adresse en tapant ton nom.
Indépendant·eUtile quand tu testes une idée, sans clients à convaincre. Valide d'abord que quelqu'un veut ce que tu proposes ; dépenser plus à ce stade serait une erreur.
PMENon. Les milliers de francs économisés par rapport à un vrai projet se paient en crédibilité et en temps perdu : le site existe, mais il ne fait rien pour l'entreprise.
≈ 1'500 CHF : une page bien faite, ou plusieurs moyennes
Ici, on parle en général d'un·e freelance en début de parcours. Tu obtiens une seule page soignée, ou plusieurs pages moyennes. Pas les deux : le temps n'y est pas.
Utile quandtu as une seule offre, un seul public, et tes textes déjà prêts.
Indépendant·eViable avec une offre unique et un seul public, quand tu sais déjà ce que tu veux dire et à qui.
PMEÇa ne rentre pas. Plusieurs offres, plusieurs prestations, donc plusieurs pages, un historique à transmettre, de vrais objectifs derrière. Une PME établie n'a ni les mêmes objectifs ni la même matière qu'un·e indépendant·e qui se lance.
2'000 – 3'000 CHF : la façade, pas ce qu'il y a derrière
Un semi-pro ou un pro, cette fois, qui travaille sur un gabarit acheté : un design déjà pensé, un modèle WordPress par exemple, sur lequel on change les couleurs, les photos et les textes. Pour ce prix, tu auras probablement un site complet : accueil, à propos, tes prestations, une page contact, tout y est. Mais ce n'est que la façade. Ce qui se passe en arrière-plan, la réflexion sur comment parler à tes clients et comment les convaincre, ce qui fait vraiment la différence, dans ce prix-là, on l'oublie.
Utile quandton positionnement est clair, tes textes sont prêts, et tu veux un site complet et propre sans attendre de lui qu'il aille chercher des clients.
Indépendant·eCorrect si ton positionnement est déjà clair et que tes textes sont prêts. La plupart s'arrêtent ici, et c'est souvent le site qu'on refait deux ans plus tard.
PMEEn dessous du besoin. Avec un gabarit, c'est l'entreprise qui doit se réduire pour entrer dans les cases du modèle. Alors que c'est le site qui devrait porter les prestations de l'entreprise, pas l'inverse.
4'000 – 6'000 CHF : quelqu'un qui pose des questions avant de dessiner
À ce palier, tu as en face quelqu'un qui questionne avant de produire : ton offre, tes clients, ce que le site doit faire pour toi. Il construit cinq à six pages pour ta situation, accueil, une ou deux offres, à propos, contact, avec des textes travaillés et une structure que Google et les IA comprennent.
Utile quandtu veux un site qui travaille pour toi, pensé pour ta situation, et qui tienne plusieurs années.
Indépendant·eLa zone juste. Un·e indépendant·e bien positionné·e y est bien équipé·e pour plusieurs années.
PMELe minimum viable, et seulement sur un périmètre très serré : une offre principale, un public. Une PME établie a plusieurs prestations, plusieurs types de clients, et tout intérêt à ce que son site lui automatise des tâches du quotidien. Son message doit être plus précis, plus ciblé, plus travaillé que celui d'une personne seule. Ça dépasse vite ce palier.
10'000 – 15'000 CHF : le projet cadré
Un studio ou une agence prend le projet en main, cadré du début à la fin. Le contenu est travaillé avec toi, textes et photos. La structure est pensée pour le référencement, page par page. Le site est souvent en plusieurs langues. Et si tu avais déjà un site, il est repris sans perdre tes positions dans Google.
Utile quandplusieurs offres, plusieurs publics, du contenu à produire, un existant à reprendre.
PMELa zone juste. C'est le budget où une PME obtient un site à la hauteur de ce qu'elle est.
Indépendant·eSurdimensionné dans la plupart des cas. Mais si ton activité vit vraiment en ligne, une formation que tes clients suivent sur le site, une boutique, plusieurs marques à faire exister, alors entrer dans ce palier se justifie, même seul·e.
15'000 CHF et plus : le sur-mesure
Une équipe entière entre en jeu : développement, intégration, chef de projet. On ne monte plus un site, on le développe entièrement sur mesure. Il existe des outils tout prêts pour à peu près tout, boutique, réservation, espace client. Mais parfois le besoin est si précis qu'aucun d'eux ne convient : un configurateur, une connexion à ton logiciel de gestion, un parcours client qui n'existe nulle part ailleurs. C'est là qu'on développe. Ce sont des cas particuliers, et 15'000 francs est un point de départ : selon ce que tu demandes, ça peut monter bien plus haut.
Utile quandton site doit faire quelque chose que les outils tout prêts ne font pas.
PMEJustifié dès qu'il y a une vraie fonctionnalité à faire vivre : recrutement, espace client, catalogue, commandes en ligne. Jamais pour faire joli : le design seul n'a pas besoin de 15'000 francs.
Indépendant·eRarement justifié, sauf si ta prestation elle-même passe par le site, par exemple une plateforme de réservation ou de formation.
Et après la mise en ligne
À retenir : un site en ligne n'est pas un objet fini. Ce qui vient après fait partie du budget.
Le prix du devis, c'est le prix pour mettre le site en ligne. Ensuite, il vit, et trois choses continuent de compter :
L'hébergement et le nom de domaine. Un abonnement annuel, à ton nom, pas à celui du prestataire. Vérifie ce point avant de signer, pas après.
La maintenance. Mises à jour, sauvegardes, sécurité, et surtout : qui répond quand ça casse, et en combien de temps.
Le contenu qui évolue. Une nouvelle prestation, des photos à jour, un texte à corriger. Si personne n'est prévu pour ça, le site vieillit vite.
2'800 francs, deux fois
Un cas que je rencontre souvent. Les détails changent d'une personne à l'autre, l'histoire est toujours la même.
Une thérapeute, cabinet ouvert depuis trois ans, a payé son site 2'800 francs. Propre, moderne, monté sur un beau gabarit. Le bilan après deux ans : une poignée de visites par mois, zéro demande par le formulaire.
Le site n'était pas raté. Il était muet. Aucune page ne répondait à ce que ses clientes tapent réellement dans Google, et rien ne disait pourquoi elle plutôt qu'une autre. Elle a fini par repayer, la réflexion d'abord, le site ensuite. Son premier site lui a donc coûté 2'800 francs, plus deux ans d'invisibilité.
La deuxième fois, elle n'a posé qu'une question avant de signer : qu'est-ce qu'il y a, dans ces heures.
Questions fréquentes
Combien coûte un site internet en Suisse romande ?
Entre 500 et plus de 15'000 francs, selon qui le fait et ce qu'il contient. Pour un·e indépendant·e avec une offre claire, le juste budget se situe entre 4'000 et 6'000 CHF. Pour une PME, entre 10'000 et 15'000 CHF. Au-delà, le budget suit une fonctionnalité (boutique, espace client, connexion ERP), pas le design.
Pourquoi un site à 2'500 francs ne suffit souvent pas ?
Parce qu'à ce prix, on paie une vingtaine d'heures. Un premier rendez-vous, la préparation du projet, les échanges, puis environ quatre heures par page pour la construire proprement quand tout est prêt : quatre pages, et les vingt heures sont parties dans le montage. Pas dans la réflexion en amont, celle qui décide de la structure, des pages et des mots que tes clients tapent dans Google. Le site est propre, mais il ne travaille pas pour toi.
Qu'est-ce qui n'est pas compris dans un devis de site internet ?
Quatre postes, en général : l'hébergement et le nom de domaine (un abonnement annuel, à ton nom), la maintenance (mises à jour, sauvegardes, qui répond quand ça casse), le contenu (textes et photos, si tu les produis toi-même) et les allers-retours au-delà des rondes de corrections prévues.
Un site à 500 francs, c'est une erreur ?
Pas forcément. Si tu testes une idée, sans clients à convaincre, c'est même le bon choix : valide d'abord que quelqu'un veut ce que tu proposes. Pour une entreprise établie, en revanche, le site existe mais ne fait rien pour elle : ce qu'elle économise, elle le perd en crédibilité et en temps.
Un devis, ce n'est pas un nombre. C'est ce qu'on met dedans.
Tu hésites entre deux paliers ?
Le Diagnostic, c'est 45 minutes pour situer ton site : ce qui bloque, ce que ça vaudrait la peine d'investir, et où. 280 CHF, et tu repars avec de la clarté.