Blog · La question qu'on me pose
Pourquoi j'aurais encore
besoin de toi, avec l'IA ?
Ma réponse, sans détour, avec les cas où elle me bat. Et ceux où je la bats en retour.
On me la pose en rendez-vous, parfois en riant, parfois pas. Et c'est une bonne question : je me la pose moi-même, parce que je l'utilise tous les jours. Tu trouveras ici mon avis sur ce qu'elle fait mieux que moi, ce qu'elle ne sent pas, et ce que tu paies, vraiment.
TL;DR
- L'IA produit vite et propre. Elle dégrossit, elle teste en quelques minutes, et parfois elle ouvre une piste qu'on n'aurait pas vue sans elle.
- Elle n'a pas d'avis à elle : elle épouse le nôtre. Elle répète, et elle copie ce qu'elle voit ailleurs, sans jamais pouvoir traduire ta propre étincelle.
- Elle lit les faits. Un client qui hésite à t'appeler, ce que tu n'arrives pas à dire de ton métier, l'émotion que ta page doit porter : ça ne se mesure pas, ça se sent. Et ça, elle ne le capte pas.
- Ce que tu paies, ce n'est pas la production. C'est le terrain, le tri, quelqu'un qui tranche, et un avis qui n'est pas acheté : cinq minutes d'inconfort pour t'éviter six mois sur une mauvaise piste.
- Ni elle, ni moi : les deux. Elle produit, je traduis.
Ce qu'elle fait bien
À retenir : l'IA a rendu le concret bon marché.
Voici ce qu'elle fait bien mieux que l'humain, à mon sens et selon mon utilisation. Et ce que je ne ferai plus sans elle.
La vitesse
J'ai créé un outil de gestion de projets et de trésorerie, relié à ma compta, tout automatisé, avec exactement les options dont j'ai besoin. Et je l'ai développé en quelques heures. Il y a trois ans, j'aurais compté en semaines. Je suis parfois moi-même surprise du résultat, en si peu de temps.
Concrètement : tout va plus vite. Les premières versions, les corrections, les essais. Et pour tester une idée en dix minutes, c'est exquis.
Rendre concret très tôt
Sur un projet récent, j'ai pu montrer au client une maquette nette, quasi validée, qui allait chercher ses vrais produits dans son système. Il a choisi ses fonctionnalités en testant du concret, pas en imaginant sur des schémas papier et de la théorie de projection de données. Tout était déjà vrai. Ce n'était bien sûr qu'un prototype, on avait sélectionné des données précises, mais en très peu de temps on se rapprochait d'un résultat final à 90 %. Et le client a pu se projeter concrètement dans le projet. Un peu comme si on te faisait visiter ta maison en réalité augmentée avant même qu'elle soit construite : tu verrais les défauts, les couacs pas pratiques, qui s'ajustent bien plus facilement avant la construction qu'une fois la cuisine posée au mauvais endroit. Avant l'IA, c'était impossible : cette étape de test n'arrivait qu'à la fin du projet.
Concrètement : tu détectes les problèmes en amont, plus facilement. Et tu peux ajuster et changer d'avis avant que ça te coûte un bras.
Aller plus loin
Ça va vite, et pourtant, factuellement parlant, je ne gagne pas forcément du temps sur mes projets. Je le réinvestis : je pousse la qualité beaucoup plus loin, dans le même temps qu'avant. Et l'effet est exponentiel. Sans connaissance du domaine, l'IA t'amène au niveau d'un débutant. Avec un peu d'expérience, elle t'emmène vite vers un niveau senior. Et entre les mains de quelqu'un de doué, qui l'utilise intelligemment, elle décuple ce qu'il savait déjà faire. Mais garde bien en tête que l'expérience, elle ne pourra jamais la remplacer. Et c'est un atout précieux pour avoir un coup d'avance sur tes concurrents.
Concrètement : à budget égal, un projet beaucoup plus abouti, et plus qualitatif.
« Sans IA » n'est pas un argument. « Pur IA » non plus. Ce qui fait la différence, c'est quand on mêle la force de l'IA à la force humaine.
Les biais de l'IA
À retenir : elle fait tout ce qu'on lui demande. Encore faut-il quelqu'un qui sache quoi lui demander.
Le bruit
Tu as déjà vu une affiche générée par ChatGPT pour une petite fête de village ? On la reconnaît à des kilomètres. Et pas seulement au style : tout ce que la personne a mis dans sa demande est dessus. Tout, au même niveau, sans tri.
Partout, son réflexe est d'ajouter : des phrases qui n'apportent rien, des descriptions à rallonge, des informations futiles que personne n'a demandées. Et surtout, elle répète : la même information revient trois ou quatre fois, sous trois ou quatre formes différentes. Pour elle, du texte ou du code en plus, ce n'est pas grave : c'est son fondement même. Pour un œil humain, le trop devient illisible. Un premier jet d'IA publié tel quel, ça se voit, et ce n'est pas qualitatif : ça trahit vite un manque d'investissement grossier, qui peine à inspirer confiance. À mon sens, en tout cas. C'est un outil pour travailler avec, pas un outil qui travaille à notre place.
Au pied de la lettre
Un jour, je lui ai demandé de mieux hiérarchiser les textes de mon site. Elle l'a fait. Sauf que je n'avais pas précisé « visuellement ». Elle a réécrit tout mon code : les titres, les balises, tout ce que j'avais soigneusement travaillé pour Google. Elle a exécuté exactement ce que j'ai dit. Pas ce que je voulais dire. Nous n'avions pas la même notion du mot « hiérarchiser », et j'avais oublié de préciser. Ce genre de petit oubli, sur un site, peut vite coûter cher. Et pour le repérer, il faut savoir ce qu'on regarde !
L'âme
Tu as déjà essayé de générer une image de toi avec l'IA ? Le résultat est bluffant. Regarde-la deux secondes de plus. Les traits sont lissés, améliorés, plus nets. Tu ne trouves pas qu'on perd une certaine réalité ? J'ai fait le test avec ma propre photo : c'est impeccable, mais ce n'est plus moi. L'âme s'en va.
C'est la même chose pour les textes, et pour tout ce qu'elle génère : lisse, correct, et plus personne dedans. Pense à la différence entre ta maison et une chambre d'hôpital. Chez toi, c'est doux, décoré, chaleureux, à ton image. La chambre d'hôpital est nette, fonctionnelle, et froide : n'importe qui pourrait y être. Eh bien, c'est la même différence entre un site pur IA et un site créé en toute conscience. Et c'est pareil en design : ce qu'on doit voir en premier, lire ensuite, pouvoir ignorer, ce n'est pas son fort. Elle fait net. Ton concurrent pourrait le calquer tel quel.
La poudre aux yeux
Ce que j'ai pu constater, c'est qu'elle bluffe vite. Elle impressionne. On se dit « wouah, incroyable ce qu'elle m'a fait ». Puis on met les mains dedans, on teste, et on se rend compte que plein de détails ont été oubliés, ou compris de travers. Qu'il y a des bugs.
Un client, sans aucune compétence en développement, m'a raconté avoir généré avec l'IA une application de gestion pour son entreprise : prise de rendez-vous, programmes de ses clients, compta, paiements en ligne. « En deux jours, j'avais tout. » Puis il a testé. Et il a fini par compter plus de deux cents heures pour arriver au résultat complet. En très peu de temps, on a quelque chose qui semble bluffant. Ensuite, on passe beaucoup de temps à corriger, rediriger, améliorer, pour obtenir un résultat qualitatif. L'IA semble faire de l'incroyable. Et quand on s'y plonge, la réalité est tout autre.
La copie
Elle peut reprendre un site existant et le reformuler en deux minutes. Si tu ne la guides pas, elle va inévitablement copier ton concurrent direct. Et le problème, c'est que ces supports, c'est ton client qui les lit. Il lira la même chose chez toi et chez lui. Ajouter le nom de ta société et « chez nous, on propose ça », ça ne suffit plus.
Ce qu'elle copie, c'est ce qui se voit : la mise en page, les mots, la structure. Ce qu'elle ne peut pas traduire, c'est ta propre étincelle : ta façon de faire, ton process, ta sensibilité, ce qui fait qu'on devrait te choisir toi plutôt que lui. Et c'est précisément ça que tes clients achètent. Tu veux te démarquer, pas lui ressembler. Ce discernement-là, l'IA n'en est, aujourd'hui et à ma connaissance, pas capable seule.
Elle dit oui
Demande-lui si ton idée est bonne, elle te dira que oui. Demande-lui de défendre l'inverse, elle le fera aussi bien. Elle n'a pas d'avis à elle : elle épouse le tien, et elle le renforce. Tu arrives avec une intuition, tu repars avec une certitude, et rien n'a été vérifié entre les deux.
Un dirigeant est déjà entouré de gens qui lui disent oui. L'IA en rajoute un, disponible jour et nuit, et toujours de bonne humeur. Ce qui manque, ce n'est pas un oui de plus. C'est quelqu'un qui ose un « attends », et qui dit pourquoi.
Les 10 minutes et les 6 heures
Un article comme celui-ci me prend entre six et huit heures.
Le premier jet avec l'IA sort en dix minutes. Il est propre, il est structuré, il a l'air fini. Et puis je le relis, et il ne dit rien. Il dit ce que tous les sites disent sur le sujet.
Le reste du temps, c'est le vrai travail. Remplacer les généralités d'internet par les infos que j'ai récoltées durant mes rendez-vous client. Trouver la forme qui se lit, celle qui tient l'œil jusqu'en bas. Choisir les mots justes, ceux que mes clients utilisent, pas ceux du métier. Et couper tout ce qui est là pour remplir.
Dix minutes contre six heures. Le ratio dit où est le travail. Et il dit aussi pourquoi un texte « fait avec l'IA » et publié tel quel se reconnaît à la deuxième ligne.
J'ai récemment eu une demande en ce sens. Un client avait généré son site avec une IA. C'était carré, c'était rapide. Il m'a appelée : il n'était pas à l'aise avec ce qui avait été fait, sans réussir à dire pourquoi. Ça ne lui convenait pas, c'est tout. Je n'ai pas tout refait : j'ai trié, coupé, remis ses mots à lui, redonné un ordre à la page. À la vue du résultat, il m'a dit : « Ah ouais ! Là, c'est nickel. Là, je sens que c'est moi. »
Ce qu'elle ne peut pas apporter, c'est le terrain. L'IA n'a que des données digitales, et internet n'est qu'un pêle-mêle de données insipides, vidées de ce que tu portes, toi. Un métier, un business, ça fonctionne avec la convergence des deux : ce qui se mesure, et ce qui se vit.
Ce que tu paies, c'est une démarcation
À retenir : la production est devenue bon marché. Le discernement, non.
La production, la machine la fait, et tu en profites. Ce que tu paies chez moi, c'est tout ce qui lui échappe dans la liste au-dessus. Et ça, tu le sens dès le premier échange.
La lecture entre les lignes
Le robot se base sur des faits. Un numéro visible, c'est un fait. Un client qui hésite à t'appeler parce que ta page lui fait peur, ça ne se mesure pas : ça se sent. Mon travail, c'est d'écouter ce que tu dis de ton métier, et surtout ce que tu n'arrives pas à dire, puis de le mettre en mots et en formes sur ta page. Pour que ton site soit à toi, et pas à ton métier en général. Qu'on te reconnaisse au premier regard, et qu'on ne te confonde jamais avec ton concurrent. C'est ça, une démarcation.
Tu n'es plus seul·e face à l'écran
Ce n'est pas la même chose d'être seul·e derrière son écran avec un résultat, et d'avoir quelqu'un en face qui te confirme ce que tu as vu, à partir d'une expérience vécue et des tendances perçues chez ses propres clients. Seul·e face à une machine, on ne tranche pas toujours : on tourne, on doute, on reporte. Avec quelqu'un qui connaît ton projet et qui te répond, tu décides. Et tu avances réellement.
Un avis franc
Elle dit oui, on l'a vu. Ton entourage aussi. Moi, je te mets dans l'inconfort si nécessaire : cinq minutes désagréables, qui t'évitent six mois sur une mauvaise piste. Je te dis ce qui ne tient pas, et pourquoi.
Le tri
Elle garde tout, au même niveau. Moi, de l'extérieur, je vois les accents à mettre : ce qui est primaire, ce qui est secondaire, ce qui est déjà obsolète. Parfois, une page a un seul but : donner envie de te contacter. Le reste se dira de vive voix, une fois le contact pris.
Le verdict
Des données sur ton site, tu peux en avoir à la pelle : des rapports, des scores, des listes de points à corriger. L'IA t'en sortira autant que tu veux. Ce qu'aucun rapport ne fait, c'est trancher : ce qui compte pour toi, maintenant, par quoi commencer, et ce qui peut attendre. Un verdict, ça engage quelqu'un. Moi, je le prends, et je l'assume tout au long du projet : la direction, les choix, l'ordre des priorités. Le Diagnostic, c'est ça en condensé, sur une page. Un projet entier, c'est ça à chaque étape.
Conclusion : ni elle, ni moi, mais bien les deux.
À retenir : elle a les données. J'ai le terrain. Ton business a besoin des deux.
Alors, avec l'IA, pourquoi encore moi ? Pas pour produire. Ça, elle le fait bien. Mais plutôt pour : savoir quoi lui demander, et quoi lui refuser. Entendre ce que tu n'arrives pas à formuler, et le mettre dans ta page. Te dire « attends » quand tout, autour de toi, dit oui. Valider que c'est la bonne formule, la bonne direction pour tes objectifs et tes besoins.
La prochaine fois qu'on me posera la question en rendez-vous, je répondrai sans doute de façon plus courte. Elle exécute, je traduis. Et la différence, ton client la sent à la deuxième ligne.
Tu veux savoir où tu en es ? Relis ta page d'accueil : est-ce qu'avec le logo de ton concurrent, on te reconnaît encore ?
Questions fréquentes
Tu utilises l'IA pour mon site ?
Oui. Pour les premiers jets, les vérifications, les maquettes, et tout ce qui est répétitif. Jamais pour décider ce qui compte pour toi, ni pour écrire ce qui doit sonner comme toi. Et surtout : l'univers graphique, la logique du site, la hiérarchie des textes, la façon de tourner une phrase, tout ça est d'abord réfléchi sur papier, hors IA. Elle n'est au final qu'un outil pour mettre le site en place techniquement, plus vite.
Je peux faire mon site moi-même avec l'IA ?
Oui, et parfois c'est le bon choix, surtout au démarrage. Tu auras un site sans bavure, vite. Ce qui manquera, c'est quelqu'un qui te dit ce qui manque. C'est d'ailleurs le parcours habituel de mes clients : une première expérience par leurs propres moyens, pour démarrer. Et quand ils veulent passer au niveau supérieur, ils font appel à moi. Fais les trois tests avant de décider.
Est-ce que ça rend ton travail moins cher ?
Non. Ton site ne coûte pas moins cher, il va plus loin. La production, elle, est devenue bon marché, et c'est toi qui en profites : du concret plus tôt, moins de surprises, un résultat plus abouti pour le même budget. Le temps de tri et de verdict, lui, n'a pas bougé. C'est là que le travail a toujours été.
Comment savoir si un texte a été écrit par une IA et publié tel quel ?
Il est propre, il est général, et il tient avec n'importe quel nom dessus. Il se répète aussi : souvent, un paragraphe contient trois ou quatre phrases qui disent exactement la même chose, sous une forme différente. Et il y a le fameux tiret long, très anglophone, qui est un signe typique d'une rédaction par IA. Le test du logo échangé le montre en deux minutes.
Elle produit. Je traduis. C'est le mélange qui tient.